Le chien primitif-Cause perdue en éducation?

Mis à jour : 21 juil. 2019

Le chien primitif, en voilà un sujet qui me tient à cœur !

Je partage ma vie avec Maïkan, un Akita Américain, depuis 2 ans.

J’ai donc pu observer, expérimenter, me tromper aussi… Mais surtout apprendre !

Et j’ai aujourd’hui envie de vous partager mon point de vue et

mon expérience à ce sujet.

Je vais parler du chien primitif en général, eux à qui l’on colle une étiquette de chien têtu, agressif, qui n’aime pas le contact et la proximité.

Chez les chiens primitifs, comme leur désignation l’indique, l’humain n’a pas beaucoup influé sur leur génétique.

Je vais prendre en exemple, l’historique de celui que je connais le mieux : l’Akita.

Ce chien japonais était anciennement utilisé pour la chasse à l’ours.

Ils s’y attaquaient à plusieurs et le harcelaient jusqu’à épuisement.

Certains samouraïs les utilisaient comme des chiens de combat, tout comme le Shiba inu me semble-t-il.

Leur relation au chien est très différente de chez nous les occidentaux, les chiens vivent bien souvent dehors et attachés.

Pas étonnant que nous retrouvions chez eux aujourd’hui, un instinct de chasse très prononcé, une proximité avec l’humain instable, une notion du confort peu conforme et une relation aux congénères parfois chaotique.

Car on ne leur a jamais attribué ces critères-là !

Evidemment que la génétique d’un chien doit être prise en compte.

Mais l’individu chien, encore plus !

Un Akita ne va pas avoir les mêmes prédispositions qu’un border collie pour l’agility…Mais ne peut-il donc vraiment pas être « éduqué » ?

Eh bien si ! Armez vous de patience, de bienveillance, soyez motivants et vous arriverez à faire des merveilles.

Effacez le temps d’un instant le critère RACE et prenez uniquement l’INDIVIDU avec lequel vous collaborez : quelle est sa motivation ? Ses traits de caractères ? son tempérament ?

Ce sont ces questions que vous devez vous poser avant de faire des généralités, et surtout des fatalités. Oui, un Akita ou n’importe quel chien primitif peut revenir lorsqu’on l’appel, croisé d’autres chiens sans les tuer et dormir sur le canapé !

Pensez qu’une récompense peut être alimentaire, mais aussi un jouet, une caresse, une odeur à renifler… bref, soyez créatifs et attentifs aux goûts de votre chien !

Lorsque Maïkan avait 8 mois, on a refusé de le prendre dans une pension familiale à cause de sa race. La raison ? « S’il y a une bagarre il ne s’arrêtera pas avant d’avoir tué les autres ».

A ce moment-là, c’était juste un chiot qui aimait tout le monde… Je suis tombée de haut, et j’ai pris conscience d’au combien les préjugés avaient la dent dure.

Finalement le racisme ne s’applique pas qu’à l’Homme…

Durant la première année que j’ai vécue avec mon chien, j’ai fait pas mal d’erreur, dans mes actes et mes jugements vis-à-vis de lui. Bien que j’ai fais de mon mieux, j’ai eu les plus grosses remises en question de mon existence, qui m’ont poussé à me former et devenir professionnelle.

J’avais décrété que tout ce que je lisais sur internet, sur les chiens primitifs et principalement les Akitas, été vrai, et surtout immuable. Or, plus je travaille mon chien, et plus je me rends compte du contraire.

Pendant un an et demi, je laissais Maïkan 90 % du temps en laisse en balade et 10% en liberté. Pourquoi ? Parce qu’Il n’avait pas de rappel et j’avais peur des interactions qu’il pourrait avoir avec d’autres chiens, d’un lapin ou d’un chat qui passerait devant lui et qu’il pourchasserait…

Jusqu’au jour où j’ai décidé que notre vie ne pouvait pas se résumer à ça.

Je refusais de me résigner à avoir un chien en laisse et la boule au ventre à chaque fois que j’en ouvrais le mousqueton, j’étais certainement aussi frustrée que lui de ne pas pouvoir le laisser courir à sa guise, renifler les odeurs qu’il voulait…

J’ai donc décidé de LÂCHER PRISE. Et ma laisse aussi ! Facile à dire me direz-vous !!

Je travaillais Maïkan, mais je travaillais sur moi aussi. J’ai changé toutes mes manières de faire, j’ai relâché toute la pression que je me mettais et que je lui transmettais.

J’ai commencé à faire des petits lâchés avec une longe de 10 mètres qui trainait derrière lui, j’ai travaillé son approche vers les autres chiens.

Bref j’ai mis toute mon énergie, ma motivation et ma bienveillance dans son évolution.

Et cela paie ! Aujourd’hui, il est lâché 90%, et en laisse 10% du temps en balade.

Il revient quand je l’appelle si la distraction n’est pas trop intense et croise les autres chiens calmement. Lorsqu’il part après un oiseau ou un gibier, je le laisse partir…Et il revient dès qu’il ne me voit plus.

Je travaille encore et je travaillerais peut-être longtemps certaines choses avec lui, mais en quelques mois, j’ai changé notre quotidien.

Pour aller plus loin, Maïkan travaille avec moi comme chien médiateur. Ce n’est pas conforme, mais j’en suis fière ! Et il est parfait pour cela.

Il aime les caresses mais sait s’en aller lorsque c’est assez pour lui. Il a une empathie et une générosité incroyables auprès des personnes en situation de fragilité.

Evidemment, le but n’est pas de dire que tous les Akitas peuvent faire de la médiation animale, mais certains en ont les aptitudes.

Comme tous les chiens, toutes races (et non races) confondues.

Je me dois de faire tout de même quelques lignes de « prévention » sur le fait d’avoir un chien primitif à la maison: Gardez à l’esprit que la tentation d’aller suivre des pistes en promenade sera grande, que la force et la réprimande auront un effet extrêmement délétère sur votre chien et la relation que vous entretenez avec lui, que la demande d’activité physique est très présente, que l’acclimatation à un nouveau congénère, au sein du foyer, peut être longue, et qu’il va vous falloir de la patience et de la détermination. Posez vous les bonnes questions avant d’acquérir un chien,

correspond-il vraiment à votre mode de vie et à vos attentes ?

Ce qu’il faut retenir de cet article, c’est que la fatalité n’existe pas avec les chiens.

Prenez le temps de comprendre et d’accepter le chien que vous avez en face de vous, laissé lui du temps, laissez-vous du temps, ne soyez pas trop dur avec lui ou avec vous-même. Nous faisons tous des erreurs, mais nous sommes tous en capacités de les rattraper.

Si vous avez du mal, faites-vous aider, faites de votre mieux, mais ne vous résignez pas.

Chaque chien est un individu à part entière, ne l’oubliez pas !



© 2023 par Yoga Clara. Créé avec Wix.com